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Site internet d’avocat, les règles de déontologie à respecter

Publié le 29 septembre 2026, mis à jour le 5 octobre 2026.

Depuis la réforme de 2014, les avocats peuvent communiquer largement, y compris en ligne. Le site d’un cabinet reste pourtant encadré par l’article 10 du Règlement intérieur national de la profession d’avocat (RIN) et par les recommandations des Ordres. Voici les règles qui reviennent le plus souvent, expliquées simplement, avec une liste de vérification à la fin.

1. Le nom de domaine doit comporter votre nom

L’article 10.5 du RIN impose que le nom de domaine du site d’un avocat comporte son nom ou la dénomination de son cabinet, en entier ou en abrégé, éventuellement précédé ou suivi du mot « avocat ». Les noms génériques, qui évoquent le titre d’avocat ou un domaine du droit, sont interdits : une adresse du type « avocat-divorce-lyon.fr » n’est pas autorisée. Le Conseil d’État a confirmé la légalité de cette règle dans une décision du 4 janvier 2016.

Le Barreau de Paris précise aussi que des initiales seules peuvent prêter à confusion, et qu’un nom de fantaisie doit être soumis à l’Ordre avant d’être utilisé.

2. Certains mots sont réservés

Les mots qui désignent une qualification reconnue dans un domaine du droit sont réservés aux avocats titulaires d’un certificat délivré par le Conseil national des barreaux. Un cabinet, en tant que structure, ne peut pas se les approprier.

Sans certificat, on écrit « domaine d’intervention » ou « activité dominante », ce qui est tout aussi clair pour un client. Attention aussi aux diplômes universitaires dont l’intitulé reprend ces mots : le Barreau de Paris recommande de ne pas les présenter d’une façon qui prête à confusion.

3. Les mentions obligatoires

Le site doit permettre d’identifier clairement l’avocat ou le cabinet : nom, adresse, téléphone, barreau d’inscription et structure d’exercice. S’y ajoutent :

4. Déclarer son site à l’Ordre

L’avocat qui ouvre un site, ou qui le modifie de façon importante, doit en informer sans délai le conseil de l’Ordre et lui communiquer les noms de domaine utilisés. Le Barreau de Paris recommande même de soumettre le site à son service de déontologie avant la mise en ligne. C’est une formalité simple, qu’il vaut mieux ne pas oublier.

5. Pas de promesse de résultat, pas de comparaison

La communication de l’avocat doit rester loyale. Toute mention trompeuse et toute promesse de résultat sont proscrites, tout comme la publicité comparative ou le dénigrement d’un confrère. Des formules comme « succès garanti » ou « le meilleur avocat de la ville » n’ont pas leur place sur un site de cabinet.

6. Les avis clients : prudence

Publier des avis de clients sur son propre site est un sujet délicat. Le Barreau de Paris le déconseille : on ne peut pas garantir leur provenance ni leur objectivité, et un avis peut révéler des éléments couverts par le secret professionnel. Si vous voulez vous appuyer sur votre réputation, votre fiche Google, où les avis sont déposés en dehors de votre site, reste une voie plus sûre, à condition de répondre aux avis sans jamais rien révéler d’un dossier.

7. Ce qui est permis

La déontologie n’empêche pas de bien communiquer. Vous pouvez présenter vos domaines d’intervention, votre parcours et vos publications, indiquer vos modes de facturation (forfait, taux horaire, abonnement), proposer une prise de rendez-vous en ligne, travailler votre référencement naturel, et même utiliser des annonces payantes pour votre cabinet.

La liste de vérification en huit points

  1. 01L’adresse de mon site comporte mon nom ou celui de mon cabinet.
  2. 02Je n’emploie les mots réservés à une qualification reconnue que si je détiens le certificat correspondant.
  3. 03Mon nom, mon adresse, mon téléphone, mon barreau et ma structure d’exercice sont visibles.
  4. 04Les mentions légales sont complètes : éditeur, SIRET ou RCS, hébergeur.
  5. 05Les coordonnées du médiateur de la consommation figurent sur le site.
  6. 06Le traitement des données du formulaire de contact est expliqué.
  7. 07Aucune promesse de résultat ni comparaison avec un confrère.
  8. 08Mon Ordre a été informé de l’ouverture du site et de son nom de domaine.

À retenir

Ce guide est une synthèse pratique. Il ne remplace pas l’avis du service de déontologie de votre Ordre, qui reste votre interlocuteur en cas de doute. Chez Connexa, nous vérifions ces huit points sur chaque site avant sa mise en ligne, et nous préparons avec vous la déclaration à l’Ordre.

Sources : Barreau de Paris, fiche pratique sur le site internet de l’avocat (numerique.avocatparis.org) ; Conseil national des barreaux, sur la décision du Conseil d’État du 4 janvier 2016 relative à l’article 10.5 du RIN (cnb.avocat.fr) ; Règlement intérieur national de la profession d’avocat (Légifrance).

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